
Juste à côté de la rue Montorgueil, une des rues les plus commerçantes de Paris, se trouve le Centre Cerise, un centre socioculturel. C’est un endroit pour la communauté locale. À l’arrière, il y a un café avec un plafond couvert de miroirs. Un jeune barista travaille derrière le comptoir et trois femmes âgées discutent autour d’un café.
Ces lieux simples sont très importants pour la démocratie locale. Ils ont reçu récemment une rénovation financée par la ville. « Paris est devenu très cher. Beaucoup de gens ne peuvent pas manger dans les restaurants », explique Anne-Valérie Desprez, une responsable du Centre Cerise. « C’est pour cela que nous avons besoin de ces endroits. Pour que tout le monde puisse se retrouver. »
Depuis dix ans, les habitants peuvent proposer des projets grâce au Budget Participatif. Chaque personne de plus de sept ans peut proposer une idée pour la ville. Ensuite, les habitants votent en ligne ou dans des bureaux de vote. Depuis 2014, plus de 21 000 idées ont été proposées et 1 345 projets ont été financés. Cela a permis de créer des fermes sur les toits, des aires de jeux, des fresques artistiques et des espaces pour les sans-abri. Le Centre Cerise a aussi bénéficié de ce budget : des bancs ont été installés en 2017, un vélo cargo acheté en 2019 et le café rénové il y a deux ans.
À Paris, en 2025, il y a eu 261 projets proposés et 104 choisis après le vote d’un nombre record de 162 395 habitants.
La mairie explique qu’il y a une crise de la démocratie et que c’est une raison importante pour investir dans la participation citoyenne. « Nous pensons que ces actions permettent de nous reconnecter avec les citoyens, à un moment où la crise démocratique montre un manque de confiance », dit un porte-parole. « Nous ne demandons pas seulement aux Parisiens de voter tous les six ans. Nous leur donnons du pouvoir pendant tout le mandat. Cette participation améliore nos politiques publiques et les rend plus adaptées à leurs besoins. »

La mairie reconnaît qu’il y a eu des défis. Elle a dû changer certains services qui n’étaient pas adaptés pour travailler avec les citoyens. Beaucoup de Parisiens ne connaissent même pas le budget participatif. Une étude est en cours pour faire le bilan des dix ans du programme et trouver des améliorations.
Au Centre Cerise, où il y a aussi des échanges de langues, des cours de sport, de tricot et des expositions d’art, on pense que le budget participatif aide à rapprocher les politiciens et les habitants.
« C’est une façon pour nos voix d’être entendues, surtout au niveau local », dit Desprez. « Chaque personne peut participer. »
( adapté de Reasons to be Cheerful)
